Connaissez-vous la fameuse expression « je ne crois que ce que que je vois ». Celle-ci est s’inspire d’un personnage biblique aujourd’hui bien connu : l’apôtre Thomas. Thomas, aussi surnommé Didyme (le Jumeau) était un disciple de Jésus, autrement dit, « l’un des Douze » que le Seigneur avait choisi pour l’accompagner dans son ministère. Thomas avait un caractère ambivalent. Il est celui qui n’a pas hésité à encourager les disciples à suivre Jésus dans la mort en Jean 11:16, mais il est aussi connu pour être celui qui a douté du Seigneur, lui qui l’avait pourtant vu accomplir d’incroyables miracles. Que pouvons-nous apprendre de Thomas et quelles leçons tirer de son incrédulité ? 

L’apôtre Jean, rédacteur de l’évangile éponyme, nous rapporte plusieurs interventions de Thomas, qui nous révèlent son caractère. Lorsque Jésus s’apprête à partir pour Béthanie au moment de la mort de Lazare, les disciples inquiets rappelèrent à Jésus que les Juifs cherchaient à le lapider. Thomas s’écria alors courageusement : « Allons-y, nous aussi, pour mourir avec lui » (Jean 11:16). Lors du dernier repas du Seigneur, c’est Thomas qui lui demandera « Seigneur, nous ne savons pas où tu vas. Comment saurions-nous le chemin?« , ce auquel Jésus répondra qu’Il est le chemin, la vérité et la vie.

Mais c’est grâce à ses questions et à ses doutes quant à la résurrection de Christ, que Thomas doit sa célébrité. Nous lisons de ce récit dans Jean 20:24-29 :

« L’un des Douze, Thomas (dont le nom signifie: Jumeau) n’était pas avec eux, quand Jésus était venu. Les autres disciples lui disaient: «Nous avons vu le Seigneur!» Mais il leur déclara: «Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas mon doigt à l’endroit des clous, si je ne mets la main dans son côté, non, je ne croirai pas.» Huit jours plus tard, les disciples se trouvaient de nouveau dans la maison et Thomas était avec eux. Jésus vient, alors que les portes étaient verrouillées, et il était là au milieu d’eux. Il dit: «La paix soit avec vous!» Puis il dit à Thomas: «Avance ton doigt ici, et vois mes mains; avance ta main, et mets-la dans mon côté: cesse d’être incrédule, sois croyant.» Thomas lui dit alors: «Mon Seigneur et mon Dieu!» Jésus lui dit: «Parce que tu m’as vu, tu crois. Heureux ceux qui croient sans avoir vu.» »

1) Le doute a altéré sa capacité de croire

Thomas n’était pas là lorsque le Seigneur Jésus ressuscité s’est montré à ses disciples. Ces derniers qui ont vu le Seigneur lui ont dit que Jésus était vivant, mais il ne les a pas cru. Thomas connaissait les disciples. Il avait œuvré à leurs côtés durant plusieurs années. Il avait donc confiance en eux qui n’étaient pas simplement des amis, mais des frères. Thomas avait tout pour croire : il avait vu les miracles de Christ et ses prophéties s’accomplir. Lui qui avait annoncé mourir sur la croix avait bel et bien été sacrifié, mais il avait aussi annoncé qu’Il ressusciterait 3 jours après. Pourquoi Thomas était-il donc dans l’incapacité de croire ? Nécessairement parce que le doute avait pris une place trop importante dans son cœur. L’incrédulité de Thomas l’a rendu incapable de croire aux témoignages des autres disciples et cela l’a conduit à douter de la Résurrection du Seigneur.

De la même façon, lorsque nous laissons les doutes s’installer en nous, notre foi s’affaiblit et notre habilité à croire devient tangible. Le doute est un ennemi redoutable pour notre foi. C’est à cause de Lui que beaucoup ont du mal à avancer spirituellement, c’est à cause de Lui que beaucoup n’arrivent pas à manifester leurs dons spirituels, c’est à cause de lui que beaucoup ne voient pas de miracles dans leurs vies.

2) Notre foi ne doit pas dépendre de preuves tangibles

Ce passage nous retransmet également le discours de Thomas qui a affirmé que tant qu’il ne verrait pas de preuve de la résurrection du Christ, il n’y croirait pas. Hébreux 11: 1 nous dit pourtant que  » la foi est une ferme assurance des choses qu’on espère, une démonstration de celles qu’on ne voit pas ». La puissance de la foi repose de façon évidente sur cette invisibilité, sur le fait de croire à quelque chose que notre raison ne peut pas comprendre, que nos yeux ne peuvent pas voir et que nos mains ne peuvent pas toucher. C’est là le propre de la foi. Par elle, nous pouvons croire en un Dieu invisible et pourtant vrai. Si nous nous attendons à recevoir des preuves tangibles à chaque fois que nous nous adressons à Dieu, alors il est clair que nous n’avons pas la foi.

3) Dieu veut que nous croyions en lui et en Son oeuvre, même si nous ne le voyons pas

Christ a accepté de se montrer à Thomas et de lui dévoiler les preuves dont il avait besoin. En voyant Jésus ressuscité, Thomas a eu une révélation incroyable qu’aucun disciple n’avait encore eu : il avait désormais l’assurance que Jésus était son Seigneur et son Dieu. Qu’en aurait-il été si Jésus ne s’était pas montré à Lui ? Serait-il mort en croyant uniquement à la mort de Jésus mais pas à Sa résurrection ? Thomas incarne ici une grande majorité d’hommes mais aussi de chrétiens, qui refusent de croire en Dieu et en Son oeuvre, sous prétexte qu’ils est invisible. Dieu dans son infinie bonté savait que beaucoup douteraient de son existence, c’est pourquoi il nous permet d’assister à des miracles, à des choses extraordinaires et surnaturelles, afin de nous faire comprendre que la réalité ne se limite pas à ce que nous voyons. Il existe aussi un monde spirituel qui, bien qu’invisible à l’oeil nu, existe véritablement, et Dieu fait partie de ce monde. Bien qu’il nous ait donné, nous donne et continuera de nous donner de nombreuses preuves de son existence, nous devons croire en Lui sans passer notre temps à réclamer des preuves. C’est pourquoi Jésus dira à Thomas : « Heureux ceux qui ont cru sans avoir vu ».

 

Beaucoup de chrétiens ont encore une part de Thomas en eux. Ils ont vu l’oeuvre du Seigneur et ils ont assisté à des miracles, mais ils continuent de douter de Lui et de sa capacité à agir dans leur vie. La Bible nous dit pourtant que sans la foi, nous ne pourrons pas voir la gloire de Dieu (Jean 11:40) et nous ne pourrons pas non plus Lui être agréables (Hébreux 11: 6). Tachons ainsi d’imiter la prière des disciples, qui ont humblement fait la requête suivante : « Seigneur, augmente-nous la foi ».