Le terme « sexto » vient de la contraction du mot « sexe » et « texto ». « Sextoter » désigne ainsi le fait d’envoyer des messages, photos ou vidéos à caractère sexuel depuis un téléphone portable. D’après un sondage daté de 2014, les Français en seraient friands puisque 56% des 25-44 ans en auraient déjà envoyé et 53% d’entre eux en auraient déjà reçu. Le moins que l’on puisse dire, c’est que cette « sexualité moderne et à distance » est véritablement entrée dans les mœurs, avec des conséquences parfois catastrophiques. En tant que chrétiens, vous vous demandez surement si vous aussi, vous pouvez vous adonner à cette pratique. Les sextos sont-ils inoffensifs ou cachent-ils un véritable danger pour notre spiritualité ?

Le premier préconçu dont il faut vous libérer est le fait de penser que Dieu hait la sexualité. Dieu n’est pas contre le sexe, bien au contraire. Il l’a créé afin que l’homme et la femme puissent profiter l’un de l’autre, mais dans un cadre bien précis : celui du mariage ! En Genèse 2:24, la Parole de Dieu déclare que « l’homme quittera son père et sa mère, et s’attachera à sa femme, et ils deviendront une seule chair ». Une fois qu’un couple se marie, ils ont tout à fait le droit de profiter l’un de l’autre et de se connaître sur un tout nouveau plan : celui de la sexualité. Mais nous insistons sur le fait que cela doit se faire dans le cadre du mariage ! Tant qu’un couple n’est pas marié, il est appelé à se préserver et s’abstenir de toute forme de sexualité, sous peine de ne tomber dans le péché d’impudicité.

Une fois ce fondement posé, interrogeons-nous sur le cas des sextos. Peut-on réellement les considérer comme une forme de sexualité ? A cette question, nous répondrons par l’affirmative pour 3 raisons :

  • En Matthieu 5:28, Jésus déclare « que quiconque regarde une femme pour la convoiter a déjà commis un adultère avec elle dans son coeur ». Si pour un simple regard de désir, d’envie et de convoitise, nous sommes dans le péché, pensez-vous réellement que le fait d’envoyer un message délibérément sexuel n’en est pas un ?
  • Lorsqu’une personne envoie un sexto, son but n’est pas de discuter de sexualité de façon anodine, mais bel et bien de déclencher quelque chose chez le destinataire, de l’émoustiller sexuellement, de lui donner envie d’aller plus loin. C’est un jeu extrêmement dangereux car bien que la discussion se fasse à distance, une fois que vous reverrez la personne, il y a de forte chance que ces messages vous reviennent en tête et que votre chair ne soit capable de résister. Ne soyez pas dupes : les sextos sont bel et bien une forme de sexualité, mais à distance.
  • N’oublions pas que le péché ne se résume pas qu’à des actes. Nous pouvons aussi pécher par la pensée. En envoyant des sextos, nous réveillons les désirs de notre chair et immédiatement, des pensées sexuelles viennent à notre esprit. Ces messages sont une porte ouverte à l’ennemi. Ne soyez pas étonnés qu’après avoir sextoté, vous soyez pris par l’envie soudaine de vous masturber, de regarder de la pornographie ou que vous rêviez que vous avez des relations sexuelles.
  • Une fois que vous envoyez une photo ou un sms avec votre portable, ils ne vous appartiennent plus, et vous ne pouvez pas maîtriser la façon dont les destinataires vont s’en servir ni l’effet que cela aura sur votre réputation. On ne saurait vous partager le nombre de jeunes s’étant suicidés ou étant tombés dans la dépression suite au partage de « nudes » (photos dénudées) ou de messages sexuels qu’ils avaient écrit à leur petit-ami de l’époque. En envoyant des sexto, vous n’êtes pas à l’abri de voir un jour ces messages se colporter à vitesse grand V sur les réseaux sociaux, ou d’être l’objet de chantage. Raison de plus pour vous de vous détourner de cette pratique !

Les sextos sont des pièges dans lesquels beaucoup de jeunes sont tombés, en pensant innocemment que comme il n’y avait pas d’acte sexuel, ils pouvaient s’y adonner légitimement. C’est une grave erreur que de penser que les sextos sont inoffensifs. Il n’y a qu’à analyser ce que ces messages créés chez l’expéditeur et le destinataire : des pensées impures, de la masturbation, des rencontres qui finissent malheureusement au lit… Envoyer ce type de messages lorsque l’on n’est pas marié relève bel et bien du péché d’impudicité que la Bible nous demande de fuir !

« Ce que Dieu veut, c’est votre sanctification; c’est que vous vous absteniez de l’impudicité; c’est que chacun de vous sache posséder son corps dans la sainteté et l’honnêteté, sans vous livrer à une convoitise passionnée, comme font les païens qui ne connaissent pas Dieu; » (1 Thessaloniciens 4:3-4)

Est-il interdit de parler de sexualité quand on est en fréquentation ou fiancé ?

Bien évidemment que non. Vous avez le droit voire devez nécessairement aborder ce sujet quelque peu tabou. Vous pouvez par exemple interroger votre partenaire pour savoir s’il a déjà eu des relations sexuelles ou non, avec combien de personnes… Mais il vous faudra faire preuve de vigilance car avec le sexe, on n’est jamais à l’abri de dérapage ! Ce sujet ne doit pas être un tabou dans votre couple mais il doit être abordé dans un cadre stricte. Dès lors que vous sentez que vous divaguer ou que vous allez trop loin, mettez fin à la conversation et abordez un autre sujet afin de ne pas pas éveiller les désirs de votre chair.

Et quand on est marié ?

Si l’on part du principe que les relations sexuelles sont réservées aux couples mariés et qu’ils peuvent jouir l’un de l’autre tels qu’ils le désirent, rien ne semble s’opposer au fait qu’ils puissent s’envoyer ce type de messages. Néanmoins, nous ne saurons vous recommander que d’être prudents. Nous ne savons jamais qui pourrait lire nos messages ou voir nos photos et vous n’avez sans doute pas envie que quelqu’un soit au courant de la vie sexuelle de votre couple. Une mauvaise manipulation et votre message sera envoyé à la mauvaise personne. Par ailleurs, au vu de la surveillance gouvernementale de nos téléphones et des aptitudes des pirates informatiques à intercepter nos données personnelles, il vaut mieux user de sagesse lorsque nous utilisons nos appareils électroniques. En matière de sexualité, nous ne devons jamais oublier que Dieu n’est pas bien loin et qu’il doit être honoré, même dans le lit conjugal (Hébreux 13:4) ! C’est pourquoi nous ne saurons vous recommander que de demander à Dieu de vous guider. Dans le cadre du mariage, nous ne pouvons donner ni notre accord ni notre interdiction. Le mieux reste encore d’en discuter avec votre conjoint et de suivre la conviction que le Saint-Esprit vous mettra à coeur.

En matière de sexualité, l’ennemi redouble d’efforts et renouvelle sans cesse ses techniques pour nous faire tomber dans le péché sans même que nous nous en apercevions. Ne nous laissons pas avoir : Dieu a encadré la sexualité et nous devons obéir à ses commandements. Si vous êtes en fréquentations ou fiancé, oubliez donc toute les formes de sexualité existantes, y compris les sextos !