La femme et le ministère: qu’en dit la Bible ?

joyce-meyer

Le statut de la femme dans l’Eglise est un débat de longue date, qui fait encore aujourd’hui couler beaucoup d’encre. « Je suis une femme, Dieu m’appelle au ministère, je me lance ? » Telle est la question que se pose une grande majorité de femmes, confuses et souvent perdue à la lecture de tout ce qui se dit sur le sujet. Beaucoup de voix masculines (ainsi que féminines, avouons-le), sans doute apeurées par le nombre croissant de ministères féminins, brandissent les écrits de l’apôtre Paul, selon lesquels il ne serait pas permis à la femme d’enseigner, ni d’exercer un ministère.  Mais que dit réellement la Parole de Dieu ? Faut-Il prendre en compte le contexte ? Les écrits de Paul prévalent-ils sur ceux de Jésus ?

Appréhender la Parole de Dieu…

Lorsque nous méditons la Parole de Dieu, il est important de se renseigner sur le contexte et le temps durant lequel notre passage  a été écrit.  De plus, nous devons garder en tête que la Bible est la Parole de Dieu, mais tout ce qui y est écrit n’est pas Sa Parole à proprement parlé. Il serait aberrant de prétendre que nous devons obéir à  la lettre à tout ce qui est écrit dans la Bible !   Si tel était le cas, nous irions tous les ans à Jérusalem pour les fêtes et nous apporterions dans le temple de Salomon (dont il ne reste que des ruines) les dîmes, offrandes et tout ce que Dieu exigeait alors ! Voilà pourquoi il est important dire la parole avec l’aide de l’Esprit, car la lettre tue, mais l’Esprit vivifie. Il faut également prendre en compte les écrits de la Loi sous laquelle nous ne sommes plus, ainsi que ceux de la grâce. Nous devons donc rechercher l’éclairage du Saint-Esprit dans notre temps de méditation, et ne pas lire la Bible comme une BD !

Quand Paul interdisait à la femme de prêcher

 » Comme dans toutes les églises des saints, que les femmes se taisent dans les assemblées, car il ne leur est pas permis d’y parler ; mais qu’elles soient soumises, comme le dit aussi la loi. Si elles veulent s’instruire sur quelque chose, qu’elles interrogent leur mari à la maison, car il est malséant à une femme de parler dans l’Eglise. » 1 Corinthiens 14 :33

Paul s’adresse à l’Eglise de Corinthe au sujet duquel les gens de Chloé avaient fait un rapport plus qu’alarmant. L’Eglise était dans un grand désordre, divisée par des querelles, des jalousies, des péchés sexuels , des inconduites, et  la liste est encore longue. Il fallait  un recadrement immédiat et un rappel à l’ordre suivi de sanctions disciplinaires.  Nous savons que Corinthe était une ville païenne dont les moeurs laissaient à désirer. Ainsi,  il y avait certaines  femmes aisées à l’intérieur de l’Eglise, et ces dernières avaient besoin d’être recadrées.  Ce qui allait de travers par rapport à leur participation dans le culte, ce n’était pas simplement le fait qu’elles ne se voilaient pas la tête, comme l’avait cité Paul auparavant, mais c’était également la trop grande liberté qu’elles s’accordaient dans la maison de Dieu. Paul ne pouvait pas passer le problème sous silence: elles devaient « se taire », et faire preuve de maîtrise, en restant dans la soumission, questionner leurs maris à la maison et non pendant le culte, ce qui pouvait perturber ce dernier. Pensez-vous vraiment que par ses propos, Paul leur interdisait par exemple de prier ou de chanter à haute voix ? Il ne voulait pas dire qu’elles devaient rester muettes comme des carpes dans les assemblées ! Dans son épître à Timothée, la pensée de Paul concernant le rôle des femmes dans l’église se précise :
 » Je ne permets pas à la femme d’enseigner, ni de prendre de l’autorité sur l’homme ; mais elle doit demeurer dans le silence. Car Adam a été formé le premier, Eve ensuite ; Adam n’a pas été séduit, mais la femme séduite, s’est rendue coupable de transgression.  »

Ah ce verset ! Analysons-le de façon plus précise. Premièrement, une telle déclaration doit nous amener à nous poser certaines questions : qui parle et pourquoi ? Paul dans sa déclaration parle de façon subjective. Nombreux sont les versets dans lesquels il précise parler en son nom. Cela veut dire qu’il a pris sur lui la responsabilité d’une telle déclaration de par sa position d’apôtre, mais qu’il n’a jamais dit que Dieu avait formellement interdit aux femmes d’enseigner. Il s’agissait de son avis, il n’en faisait pas un ordre.  Il n’ a donc jamais dit que Dieu lui avait dit que les femmes n’avaient pas le droit d’enseigner, mais a pris la liberté de dire  » Moi Paul, je ne permets pas  ». Si nous analysons ensuite les arguments qu’il utilise afin de justifier ses propos, nous verrons que certains se justifient de son temps, mais que d’autres ne sont plus valables pour notre époque.

La question de la supériorité de l’homme

Paul affirme également qu’Adam a été crée en premier, Eve ensuite. Il fait appel à l’ordre de la création, indiquant par là que l’autorité avait été donnée à l’homme et que la femme devait se soumettre à cela. Rien n’est plus juste, mais le même Paul dira qu’en Christ,  » il n’y a plus ni homme, ni femme » (Galates 3:28). Paul se contredit-Il ? Bien évidemment que non. Ces termes  n’annulent pas ce que la Bible dit, mais rétablissent l’homme et la femme dans une  même position devant Dieu. D’ailleurs à la Pentecôte, le Saint-Esprit est descendu sur les hommes et les femmes sans distinction.

La question de l’autorité

Une des raisons majeures que Paul évoque, est celle de l’autorité donnée à l’homme et non à la femme. Or l’enseignement est le domaine de l’autorité par excellence, car il s’agit de poser les fondements doctrinaux de l’Eglise. C’était donc une mission délicates. Aujourd’hui, Dieu utilise hommes, femmes et même des enfants, et leur permet d’accéder à des visions et révélations célestes avec pour mission de les communiquer à son peuple.   De même que les signes de l’apostolat de Paul étaient visibles pour tous, si Dieu appelle une femme à un ministère qui requiert l’usage de l’autorité, il permettra que des signes visibles de son approbation et de l’appel divin soient visibles par l’Eglise, car le corps de Christ doit être capable de discerner la fonction des différents membres qui la composent. Par exemple, tout Israël reconnaissait que Déborah avait été établie par le Seigneur et ils venaient à elle pour être jugés (Juges 4 :4). L’Esprit de Dieu était sur elle et sa sagesse, son discernement et ses capacités de leader étaient évidents pour tous.  Les religieux du temps de Jésus voyaient,mais refusaient de croire. De nombreux religieux de notre temps voient également, mais refusent de croire. Ils préfèrent attribuer les signes, les prodiges et les miracles au diable, plutôt que d’admettre que Dieu peut utiliser des femmes, des enfants et même un âne pour parler à son peuple, ce qui est très grave.

Et Jésus arriva…

Nous ne pourrons jamais comprendre la pensée de Paul, si nous ne nous plaçons pas dans le contexte de notre personnage. Paul était un rabbin de école de Gamaliel. Seuls les rabbins et les docteurs de la loi pouvaient enseigner dans les synagogues, car ils étaient les seuls à connaître la loi. L’idée qu’une femme puisse enseigner n’était même pas envisageable car les femmes n’avaient pas accès à l’instruction, encore moins à l’instruction religieuse. Elles étaient consacrées à la vie domestique et vivaient recluses. Comment dès lors permettre qu’elles prennent la parole en public et émettent un avis quelconque ?  Avec Jésus tout changea. La grande « réforme » qu’Il apporta ne permettait plus de séparation quelconque. Lorsque Jésus se rendait chez son ami Lazare, Marie s’asseyait à ses pieds au même titre que les disciples et recevait ses instructions. Une femme fut d’ailleurs récompensée pour sa fidélité et son amour et eut le privilège de voir Jésus la première après la résurrection : Marie-Madeleine.  Mais pourquoi Jésus n’a-t-Il pas choisi de disciples femmes, demande-t-on souvent ? Nous savons qu’elle était la vie tumultueuse et dangereuse des disciples, voyageant et sans exposés au danger, dormant à la belle étoile…Pensez-vous que Jésus aurait demandé aux femmes de tels sacrifices , alors que la plupart avaient des enfants à charge ? Cela n’était pas possible, et pourtant certaines  femmes le suivaient….Paul lui-même  était entouré de nombreuses femmes ; ces dernières lui avaient été d’une aide précieuse dans le ministère. De ce nombre sont Lydie, Dorcas, Prisca, Phoébé etc…Toutes étaient des femmes de valeurs, zélées dans le service pour Dieu.

Les femmes en sont capables !

Le manque d’enseignements des femmes ne tient plus aujourd’hui car elles  ont accès à tous les domaines d’activités de la société. Elles sont médecins, scientifiques, enseignantes, ministres, juges, présidente des nations, vont dans l’espace, conduisent des avions, dirigent des entreprises, exercent des hautes responsabilités, et sont admises dans les métiers jugés masculins. Elles ont démontré qu’elles étaient capables de tout faire avec excellence. Elles brillent dans tous les domaines : arts, musique, sport, lettres, philosophie, chose impensable du temps de Paul. Oui, ce dernier ne pouvait pas imaginer que la société évoluerait dans ce sens !

Des changements nécessaires

Paul ne savait pas que le visage de l’Eglise allait changer. La communauté chrétienne de son époque ne ressemble en rien à ce que nous connaissons aujourd’hui. Il est probable qu’elle était composée plus d’hommes que de femmes. Aujourd’hui la tendance est autre car les églises sont composées majoritairement de femmes, avec les problèmes que cela pose. Ces problèmes sont d’ordre  »féminins » et même si la parole est prêchée à tous sans distinction, cette présence majoritairement féminine pour certaines églises, va entraîner des remaniements spirituels indispensables afin de prendre en compte leurs besoins. La mise en place de responsables femmes et de programmes destinés aux femmes ne sont plus une option mais une absolue nécessité.  Ainsi, lorsque des sœurs rencontrent des problèmes d’ordre intimes par exemple, elles devraient trouver au sein de l’Eglise des ministères de femmes, capables non seulement de les aider mais aussi de les enseigner, de les orienter et les aider à prendre de bonnes décisions.  La négligence, voire l’absence de responsables femmes au sein des églises ont ouvert la porte à toutes sortes d’exactions de la part de certains responsables d’églises, qui n’ont pas hésité à abuser de la détresse de certaines sœurs.

Femmes, levez-vous

Aujourd’hui, Dieu n’interdit pas aux femmes de le servir, bien au contraire. »Le Seigneur dit une parole et les messagères de bonnes nouvelles sont une grande armée » déclare le Psaumes 68.  Nous pouvons aussi lire dans Joel 2 que  » vos fils et vos filles prophétiseront.  Ce qui importe dans le service pour Dieu n’est pas nos caractéristiques physiques ou physiologiques.  Nous ne devons pas oublier que dans la Bible, Dieu a su utiliser des femmes de courage pour libérer son peuple. C’était le cas de Déborah, juge en son temps, ou encore d’Esther. Dieu peut donc élever qui Il veut, homme ou femme, lorsqu’il trouve un cœur prêt à obéir et à accomplir Sa volonté. Il l’a fait dans le passé, continue et continuera de le faire.

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2 Comments

  • Et est-ce que Paul, en parlant de la femme, se permet-il d’écrire par sa propre autorité : elle sera néanmoins sauvée en devenant mère… (1 Tim. 2,15) ? Certainement pas! Lorsque Paul parle en son nom, il le précise clairement (1 Cor. 7,12).

  • L’apôtre Paul argumente: Adam n’a pas été séduit, mais la femme séduite, s’est rendue coupable. Je crois que ça reste d’actualité tout autant aujourd’hui! Gloire à Dieu pour sa parole immuable (2 Tim. 3,16 / Ésaïe 40,8). Que les choses rentrent dans la volonté révélée par Dieu.

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